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L'énergie créatrice de la femme

Dernière mise à jour : 5 nov. 2019


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« Le pouvoir conféré par la menstruation était reconnu par les cultures ancestrales, il l'est encore de nos jours par quelques sociétés. Toutefois, les pratiques découlant de cette reconnaissance et instaurées par les femmes pour les aider à assumer les énergies créatrices, ont été abondamment décriées par les sociétés patriarcales voyant, dans ce pouvoir, une puissance dangereuse pour les hommes. La menstruation perdit alors son caractère saint et sacré pour prendre celui d'impureté et de souillure. La femme en période menstruelle fut considérée comme une source mobile d'énergie destructrice détenant, par sa féminité, un formidable pouvoir magique, irrépressible au point de l'isoler de la communauté et du territoire communautaire lui-même. »



La femme lunaire, Miranda Gray, p.8

*image tirée de Lune rouge, de Miranda Gray, page 122





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Le terme menstruation dérive du latin pour « mois » qui lui-même dérive du terme « lune ». Ce dernier est d’ailleurs utilisé dans les cultures autochtones.


En tant que femme, je me suis interrogée ces dernières années sur les cycles de créativité. Par le biais d’une magnifique synchronicité, je suis tombée sur deux merveilleux livres de Miranda Gray, une britannique qui a approfondie la question.


Ce qui j’y ai découvert :

L’enfance concorde avec une énergie linéaire qui se rompt avec l’arrivée de la phase menstruelle où les énergies deviennent cycliques avec un rythme personnel à chaque femme.


Elle explique 4 étapes de libération des énergies au cours du mois:


1- La Vieille Sorcière (Nouvelle lune ou l’Hiver), cela concorde avec l’arrivée des règles ou quelques jours avant puisque les énergies sont propres à chaque femme. C’est un moment de tranquillité, de gestation, où le monde extérieur et intérieur de la femme se confondent.


Les figures archétypales de Grands-mères (ou Vieille femme), avec leur profonde sagesse en sont également une représentation pertinente tout comme la Magicienne, tel Vivianne dans les Brumes d’Avalon.


2- La Vierge (Lune ascendante ou Printemps), tout juste après les règles, traduit une grande activité physique et mentale. C’est une période où la femme se sent en grande confiance et possession de ses moyens. C’est un bon moment pour organiser et définir ses priorités.


En termes d’archétype, nous pouvons également la comparer à l’Amazone, grande chasseresse vierge de la mythologie grecque, peuple qui se gouverne lui-même, en tant que femmes, et défendent ardemment leurs frontières.


3- La Mère ( Pleine Lune ou l’Été), c’est la troisième phase, moment où la femme fait don de sa personne, de son amour et de ses capacités dans un dynamisme désintéressé.


Certaines grandes Déesses-Mères, représentant la fertilité : Gaïa, Déméter, Némésis.


La Vierge Marie est doublement significative par son aspect vierge tout autant que mère. Sur le plan créateur, cela symbolise le pouvoir inné de la femme de créer à partir d’un terrain vierge, une force vitale universelle initiée par des moyens qui la dépasse. Ainsi, par la nature de sa création, Marie est la fille de son propre fils puisqu’il incarne Dieu; ainsi que la mère de son Dieu, puisqu’il est aussi humain incarné sur la terre.


Déméter est également intéressante car elle possède le dynamisme de le mère nourricière, à travers son don de faire pousser les récoltes. Aussi, lorsqu’elle se voit privée de la présence de sa fille, enlevée par Hadès et descendue aux enfers, Déméter perd son pouvoir créateur. C’est ainsi que l’équinoxe d’automne apparait provoquant ainsi la fin de la végétation. C’est Zeus qui parvient à conclure une entente afin de permettre le retour des récoltes. Perséphone reviendra auprès de sa mère six mois par année, ce qui concorde avec le retour du printemps alors qu’elle retournera aux Enfers pour y retrouver son époux à l’automne. Ainsi, le cycle des saisons permet aux habitants de le terre de bénéficier de l’abondance des récoltes créé par l’épanouissement maternel de Déméter.


4- L’Enchanteresse (Lune descendante ou l’Automne), correspondant tout juste au moment avant les règles. C’est une période où le mental est très agité, voire hyperactif alors que nous avons grand besoin de sommeil. On la nomme enchanteresse car la femme a des rêves, des intuitions, ses capacités médiumniques sont en éveil. La sexualité s’intensifie également. Les énergies sont tellement grandes que si la femme lutte contre celles-ci, les assument et les reconnait mal, elle peut avoir des difficultés à faire face aux pressions de la vie et se laisser aller à des forces destructrices. C’est une énergie de grande transformation correspondant aux forces exigées par les récoltes sur le plan matériel et terrestre.


En tant que figures archétypales, pour l’aspect sombre, on peut penser à la méchante belle-mère de Blanche-Neige ainsi qu’aux Sirènes, par leur aspect séducteur et destructeur. La part de lumière correspond à la Sage-femme et à la Magicienne de façon similaire à la phase des règles (Vieille Sorcière).


Il existe également deux périodes importantes dans la vie d’une femme, la phase de la maternité ainsi que la ménopause.


La Grossesse : la disparition des règles mène la femme dans une phase d’extériorisation qui concorde avec la Pleine Lune. La femme en gestation forme une espèce de passerelle entre les deux mondes, celui visible et l’invisible. Elle demeure donc en phase Vierge et ensuite Mère, pendant toute la durée de la grossesse jusqu’au retour de ses règles.


La Ménopause : Contrairement à la femme enceinte qui entre de manière passagère en relation extérieure avec le monde, la femme en ménopause entre, de façon définitive, en phase d’intériorité. Elle demeure donc dominée par les figures de Sorcière et Enchanteresse jusqu’à son dernier souffle.


Ainsi, alors que la femme dès ses premières règles passe mensuellement dans un cycle en mouvement, la menant du monde intérieur, afin de réfléchir et rapporter les énergies créatrices vers le monde extérieur, les cycles créatifs se mettent en mode pause pendant les deux phases exceptionnelles de la gestation (focus actif sur l’enfant à naître) et la ménopause (phase de maturité où la femme met toute sa conscience sur sa vie intérieure).


Alors que nous vivons dans un monde qui a été réglementé par des hommes, avec un rythme d'homme, nous ne pouvons fuir notre rythme inné organique. Personnellement, sur le plan créatif et émotionnel, j'ai appris à saisir ces rythmes, à les apprécier et à les respecter. Il est de notre responsabilité de femmes d'arriver à faire rayonner ce pouvoir dans le Monde. Car il s'agit d'une puissance inespéré dans un monde où nous désespérons de revoir le respect de la Terre ainsi que de ses habitants, tant animaux que humains. Le rythme organique de la Vie est en nous, à nous maintenant de le traduire dans nos actions.



Références :

- Lune rouge, Miranda Gray, Cesena-Italie : Macro-Éditions, 2013, 280 p.

- La femme lunaire, Miranda Gray, Éditions Jouvence, Suisse, 2007, 114 p.

- Le syndrome prémenstruel, Karine Ravier-Wrobel, Éditions Jouvence, 2010, 95 p.

- Contrats Sacrés, Caroline Myss, Éditions J’ai lu, 2017, 730 p.

- Les femmes et la pratique spirituelle des rêves, Connie Cokrell Kaplan, Éditions Vega, 2016, 309 p.

- Les 13 mères originelles, Jamie Sams, Éditions Vega, 2017, 379 p.

- Dictionnaire des symboles, Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Éditions Robert Laffont, 1982, 1060 p.

 
 
 

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