Germes de guérisseur...
- Sophie Bilodeau
- 11 nov. 2018
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 7 déc. 2019

"Le plus petit brin d’herbe est en relation avec la plus grande des étoiles. Détruisez un brin d’herbe et vous avez détruit quelque chose d’une immense valeur pour l’existence elle-même. Dans l’existence, il n’y a pas de hiérarchie, il n’y a rien de petit et rien de grand."
Osho
Bien qu’aucun d’entre nous n’ait de preuves tangibles (ou satisfaisantes, diront certains) de l’existence de la réincarnation, j’aime l’idée d’avoir plusieurs chances d’apprendre de la vie et de se parfaire. Bien sûr, il peut tellement être facile de se laisser tenter par les pièges de l’ego et de s’imaginer une vie antérieure glorieuse. Il est si tentant de s’imaginer Chamane, Vierge martyre ou encore Reine prestigieuse.
Je crois que l’idée de la réincarnation ne doit pas être de se croire plus important mais plutôt de chercher quelles ont pu être les leçons.
Dans mes textes, vous pouvez parfois dénicher ici et là des références soit à la réincarnation, aux archétypes ou alors aux blessures transgénérationnelles. À mes yeux, même si ce sont des théories différentes, cela revient au même sur le plan symbolique. Parce que cela ramène, d’une façon ou d’une autre aux blessures que l’on porte en soi. Que cela provienne d’une autre vie, d’un élément de l’inconscient collectif ou d’un ancêtre, au fond, ce sont les blessures à guérir et non la notoriété du « personnage à guérir » qui compte dans l’histoire. Dans les recherches sur le transgénérationnel, on relate à quel point les histoires de nos ancêtres nous habitent et peuvent même freiner notre épanouissement personnel ou professionnel.
"Pour guérir, il faut trois conditions: la conscience, l'action et la persévérance."
C.G.Jung
Alors, n’hésitons pas à ouvrir grand notre esprit ainsi que notre cœur, laissons de côté les freins de notre mental, pour laisser la guérison de nos mères, de nos grands-mères, tel un grand élan du merveilleux, en pleines entrailles, entrant de plein fouet non seulement dans notre présent mais également dans celui de nos descendants. Il existe mille et une façon de guérir. Et il peut être difficile de trouver le bon chemin. Prenons notre instinct à bras-le-corps et embrassons-le, envers et contre tous, pour trouver quelles blessures nous appartiennent et celle qui ne sont que des legs offerts en cadeau par la société dans laquelle nous évoluons. Que l'on considère cet héritage tiré d’une ancienne vie ou alors de celles de nos grands-mères, offert malgré elles, par manque de ressources et de soutien, il n'en a pas moins de valeur pour notre psyché.
J’ai vécu un exercice de musicothérapie par le passé. J’ai ressenti mes grands-mères autour de moi. Il ne s’agissait pas à proprement parler de mes véritables grands-mères selon moi, mais c’était bel et bien des grands-mères, des guérisseuses. Je les voyais bien dans ma tête, de chaque côté de moi, me tenant par le bras, faisant couler la source de guérison à travers mes mains. J’ai assumé ce jour-là, que des ancêtres m’assistaient et cherchaient à me soutenir dans ma quête de guérir. Il s'agissait d'un archétype puissant, bien entendu. Me suis-je dit : ce ne sont que des affabulations, je ne peux y croire? Non. Ai-je cherché à avoir l’opinion de tous et chacun pour banaliser et soutirer la valeur de mon vécu? Non. J’ai simplement suivi mon instinct. La profondeur de mon vécu était suffisant pour que j'y adhère entièrement. Je le ressentais vraiment, de façon intuitive. Et j'ai eu envie d'y croire. L'autre, aussi sage soit-il, ne sera jamais en mesure de me dire quoi penser et quoi faire pour guérir et me transformer. C'est une route personnelle. Mais une dizaine d’années plus tôt, c’est probablement ce que j’aurais fait. J'aurais douté et rejeté. Et je serais restée la même.
On dit qu’avant d’entrer dans la mer, la rivière tremble de peur.
Elle regarde en arrière le chemin qu’elle a parcouru, depuis les sommets, les montagnes, la longue route sinueuse qui traverse des forêts et des villages, et voit devant elle un océan si vaste qu’y pénétrer ne parait rien d’autre que devoir disparaître à jamais
Khalil Gibran , La peur
La guérison ne peut se faire que si l’on ouvre notre cœur et notre esprit à cette dernière. On doit lui faire de l’espace. Si d’emblée, nous la rejetons comme quelque chose de possible, la souffrance demeurera. Il est parfois rassurant de demeurer dans nos blessures surtout lorsque cela fait un certain nombre d’années que nous y baignons. Il peut même y avoir des bénéfices marginaux à ceux-ci, que nous ne reconnaissons pas toujours, tel que de l’attention bienveillante de notre entourage. Il arrive même que cet entourage souhaite nous maintenir dans cette souffrance, par souci de ne pas demeurer seuls à baigner dans la leur. Parfois nous portons des masques, pour cacher toute la somme de nos blessures, pour avoir l’air fort, pour sembler en contrôle alors qu’en réalité nous ne maîtrisons rien. La poudre aux yeux peut sembler fonctionner pour certains, pendant un certain temps, mais est-ce réellement bénéfique pour notre croissance et notre épanouissement? Laissez-vous les germes de guérison réellement mûrir en vous?
Alors, où que vous soyez dans votre quête de guérison, maintenant, la question demeure, le souhaitez-vous vraiment?






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