All Hallow's Eve
- Sophie Bilodeau
- 13 oct. 2019
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 20 oct. 2019

"Guidés dans leur pratique religieuse par les druides (le clergé celtique), les Celtes croient que le début de cette journée, la nuit du 31 octobre, marque la division entre la période de l’année où les jours sont plus longs que les nuits et celle où les nuits sont plus longues que les jours. On croit aussi que, cette journée constitue une sorte d’espace liminal spirituel où la frontière entre le monde des morts et le monde des vivants est au plus mince, permettant à toutes sortes de fantômes, de fées et de démons, dont les âmes des défunts, de rendre visite aux vivants. Dans certaines parties d’Irlande, l’Halloween est dénommé « Pooky Night » ce qui réfère au púca, la fée particulièrement malicieuse (d’où vient le mot anglais « spooky »)."
Alors que l’équinoxe d’automne s’est déjà imposé à nous depuis quelques semaines, la fête d’Halloween se pointe le bout du nez, à la grande joie des petits. Bien que certains d’entre nous s’interrogent sur le bien-fondé de cette fête dorénavant commerciale, nous pourrions choisir de lui redonner sa saveur spirituelle d’antan ainsi que tout son sens d’alors afin de nous y sentir mieux intégré et à l’aise…
Sachons d’abord qu’au départ Halloween était pour les Celtes, une fête de fin d’année. En effet, selon leur calendrier, il y a environ 3000 ans, l’année se terminait le 31 octobre et non le 31 décembre comme nous. La tradition celte voulait que les esprits s’amusent à hanter les vivants pendant la période sombre de l’année. C’est pour cette raison qu’ils développèrent l’habitude de se déguiser pour faire fuir ces esprits. Si la psychanalyse avait existé à l'époque, cela aurait certainement été interprété comme une pratique ayant pour fonction de mieux faire face à nos propres démons. Toujours est-il que la culture Irlandaise en était si fortement imprégnée, que les immigrés emportèrent avec eux cette tradition lorsqu’ils vinrent s’installer aux États-Unis.
Ainsi, comme comme la plupart des fêtes chrétiennes, Halloween a été empruntée à une fête païenne, ancienne fête Celte en l’honneur de Samhain, dieu de la mort. Elle a également pour source, une fête romaine en l’honneur de la déesse des fruits et des arbres, Pomona. Halloween, mot anglais, est en fait une contraction de All Hallow’s Eve, c’est à dire « La veille avant la Toussaint » (Hallow venant de Holy : saint). Les couleurs d’ Halloween, noir et orange, rappellent ainsi autant la mort que la moisson.
Halloween est aujourd'hui célébrée, l’immigration aidant, dans de nombreux autres pays. La tradition de se déguiser en personnages effrayants est demeurée au grand plaisir des enfants. La traditionnelle formule Irlandaise qui apportait avec elle son lot de mystère et de magie : Trick or treat! : " des bonbons ou un sort ! " est malheureusement disparue ici.
Mais alors que les ténèbres semblent nous envelopper de son manteau sombre, tant au cœur de notre regard que de notre esprit, on peut voir Halloween comme une fabuleuse occasion d’apprivoiser le rythme des saisons, de se fondre dans la noirceur de notre ombre, celle que nous refusons souvent de regarder, de se réapropprier le merveilleux ainsi que de surmonter nos peurs enfouies. Les enfants profiteront pleinement des histoires mystérieuses et effrayantes avec un adulte qui saura leur enseigner comment les surmonter. Ils apprendront également à apprécier le changement de saison si nous nous attardons sur ses petits détails, tel l'abondance des récoltes, la nature qui se transforme et les animaux qui se préparent pour un long sommeil. Symboliquement, l’adulte peut également tirer parti de cette période en y voyant l’occasion de se questionner sur ses deuils, ses rêves étouffés, ses difficultés à aller de l’avant, ses embûches engendrées principalement par la peur.

Dans le domaine de la spiritualité, certaines croyances circulent toujours, selon laquelle c’est à cette période de l’année que les morts sont plus près de nous, comme si un portail s’ouvrait, exceptionnellement, afin de permettre aux vivants de mieux connecter avec leurs êtres chers décédés.
Halloween, précède tout juste la fête des morts, l’occasion de reconnaître la place des êtres chers décédés dans nos vies. Peut-être devrions nous y voir aussi une occasion de prendre le temps, d’offrir un rituel, allumer une bougie, adresser une prière, offrir notre gratitude ou notre pardon à un époux, un fils, une mère, un frère ou encore à un ami qui nous a quitté. Embrassons la sorcière en nous, n'hésitons pas à faire vivre notre spiritualité.






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